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Déclarer loyers perçus à l’étranger : annexe 2047 et 2042/2044
Résident fiscal en France : détaillez les loyers étrangers sur l'annexe n°2047 (conversion en euros), puis reportez-les sur la déclaration 2042 ou 2044 selon le
La rédaction 8 min de lecture
Si vous êtes domicilié fiscalement en France et percevez des loyers encaissés à l’étranger, ces revenus doivent être déclarés en France via l’annexe n°2047 puis reportés sur la déclaration principale (2042 ou 2044 selon le régime).
Contexte : qui doit déclarer des loyers perçus à l’étranger
Le terme « revenus perçus à l’étranger » recouvre les loyers encaissés pour des biens situés hors de France. Le résident fiscal français déclare ses revenus mondiaux à l’administration fiscale française. Cette obligation vaut pour les loyers, qu’ils proviennent de locations nues ou de locations meublées.
La nature du bail détermine la catégorie fiscale applicable. Les loyers pour des locations nues relèvent en principe des revenus fonciers. Les loyers issus de locations meublées sont traités différemment selon qu’ils relèvent d’une activité commerciale ou non. Selon la situation, la déclaration revoit la catégorie appropriée et oriente vers la 2044 ou vers les cases dédiées du formulaire principal.
Les règles d’imposition peuvent être modulées par une convention fiscale bilatérale entre la France et le pays où se trouve le bien. Ces conventions précisent quel État a le droit d’imposer et détaillent les mécanismes d’élimination de la double imposition, notamment le crédit d’impôt.
Étapes concrètes : quels formulaires remplir et où reporter les loyers
Première étape : détailler les revenus de source étrangère sur l’annexe n°2047. Cette annexe sert à convertir les montants en euros et à préciser la nature des revenus perçus à l’étranger. Les indications figurant sur la notice 2047 expliquent comment effectuer la conversion et comment affecter chaque revenu à la bonne case de la déclaration principale.
Ensuite, reporter les sommes sur la déclaration principale. Les revenus fonciers doivent ensuite être portés sur la déclaration 2042, mais selon le régime d’imposition ils figurent soit sur la 2044 (régime réel), soit sur la rubrique micro-foncier correspondante si le contribuable remplit les conditions du régime micro.
Dans le cas du régime réel, remplir la déclaration 2044 permet de détailler charges et recettes et d’intégrer les loyers étrangers dans le calcul des revenus fonciers imposables. Si le régime micro-foncier est applicable, les revenus sont reportés sur la case réservée au micro (par exemple la case 4BE pour la rubrique micro), en tenant compte des règles d’exonération et de prise en compte pour le taux effectif prévues par la réglementation.
La conversion en euros doit suivre la méthode indiquée par l’administration ; la notice 2047 contient les éléments pratiques pour choisir le taux et la date de conversion. Enfin, selon la nature des revenus ou la complexité de la situation, d’autres formulaires annexes peuvent être requis (par exemple 2042-NR en cas de transfert de domicile fiscal l’année du départ).
Imposition et élimination de la double imposition : conventions et crédit d’impôt
Deux schémas généraux existent pour l’imposition des loyers perçus à l’étranger. Premier cas : la convention bilatérale attribue la compétence d’imposer à la France, auquel cas le revenu est imposable en France selon les règles françaises. Deuxième cas : la convention prévoit que le pays étranger est compétent, et le revenu est exonéré en France mais retenu pour le calcul du taux effectif.
Lorsque le pays étranger a déjà imposé le revenu, la France prévoit un mécanisme d’élimination de la double imposition via un crédit d’impôt. Ce crédit peut être égal soit à l’impôt français correspondant, soit à l’impôt effectivement payé à l’étranger, selon les modalités prévues par la convention applicable. Le crédit d’impôt ne peut excéder le montant de l’impôt français correspondant sur ces revenus.
Pour savoir quelle règle s’applique, il convient de consulter la convention bilatérale entre la France et le pays où se situe le bien immobilier. La page d’aide de l’administration fiscale indique où chercher la convention et comment déterminer l’État compétent. La notice et la brochure gouvernementales détaillent également les principes du crédit d’impôt et leurs conditions d’application.
Cas particuliers fréquents (checklist détaillée)
Propriété via une SCI : la qualification de la SCI (transparente ou soumise à l’impôt sur les sociétés) influe sur la façon de déclarer la quote-part de revenus. Selon le régime de la SCI, les règles de répartition et de report diffèrent et renvoient aux règles générales applicables aux personnes physiques ou aux sociétés.
Location meublée (LMNP/LMP) : la location meublée suit une fiscalité distincte de la location nue. Les principes généraux figurent dans la documentation fiscale, mais la qualification de l’activité comme non professionnelle ou professionnelle modifie le régime d’imposition.
Pays sans convention : lorsqu’aucune convention n’existe entre la France et l’État étranger, la France peut imposer les revenus perçus à l’étranger. Le mécanisme de crédit d’impôt reste possible mais son application peut être différente, et des justificatifs supplémentaires seront requis pour bénéficier d’une neutralisation partielle ou totale de la double imposition.
Transfert de domicile fiscal : l’année du départ du contribuable, des déclarations spécifiques peuvent être exigées (déclaration 2042, éventuellement 2042-NR). Les modalités pratiques sont précisées par l’administration et dans la documentation BOFiP relative au transfert de domicile fiscal.
Pièces et justificatifs à conserver / modalités pratiques
Conserver l’ensemble des documents relatifs aux loyers perçus : contrats de location, quittances ou relevés de loyers, avis d’imposition étrangers, et preuves de paiement des impôts acquittés à l’étranger. Ces justificatifs sont nécessaires en particulier pour obtenir un crédit d’impôt fondé sur l’impôt effectivement payé à l’étranger.
Pour la conversion en euros, utiliser les indications fournies par la notice 2047. La documentation administrative précise quel taux appliquer et quelle date retenir pour la conversion des montants perçus en devises étrangères.
En cas de contrôle, la tenue d’un dossier complet facilite la justification des montants déclarés et la demande de crédit d’impôt. Les documents étrangers devront, le cas échéant, être accompagnés d’une traduction ou d’une attestation conforme si l’administration le demande.
Que faire si vous avez déjà payé l’impôt à l’étranger ? (procédure crédit d’impôt)
Déclarer le revenu brut perçu à l’étranger sur l’annexe 2047, puis le reporter sur la 2042 ou la 2044 selon le régime applicable. Indiquer ensuite, à l’endroit prévu par la déclaration et conformément à la notice, le montant de l’impôt étranger. La demande de crédit d’impôt repose sur le caractère effectivement établi de l’impôt à l’étranger et sur la conformité de ce prélèvement avec les principes de la convention applicable.
Le bénéfice du crédit d’impôt dépend des règles prévues par la convention bilatérale. La brochure dédiée à la déclaration des revenus de source étrangère et la notice 2047 expliquent les conditions et la documentation à fournir pour faire valoir ce crédit.
Liens rapides et formulaires (boîte outils)
- Formulaire n°2047 — Déclaration des revenus encaissés à l’étranger (impots.gouv.fr). Consulté le 04/09/2026
- Brochure « Déclaration des revenus de source étrangère » — Brochure IR 2026 (impots.gouv.fr). Consulté le 04/09/2026
- Notice du formulaire 2047 (PDF) (impots.gouv.fr). Consulté le 04/09/2026
- Page d’aide « Comment sont imposés mes revenus perçus de l’étranger ? » (impots.gouv.fr). Consulté le 04/09/2026
- Simulation et aide fonciers — simulateur IR / aide fonciers (impots.gouv.fr). Consulté le 04/09/2026
- BOFiP — pages sur déclarations et transfert de domicile fiscal. Consulté le 04/09/2026
- Service-public.fr — téléchargement/notice 2047. Consulté le 04/09/2026
Quand consulter un conseiller / erreurs fréquentes à éviter
Consulter un professionnel est pertinent en cas de situation complexe : convention bilatérale ambiguë, structure juridique particulière (SCI opaque), activité de location meublée professionnelle, pays sans convention, ou doute sur l’application du crédit d’impôt. Un conseiller pourra analyser la convention applicable et préciser les conséquences fiscales selon la situation personnelle.
Erreurs fréquentes à éviter : omettre de remplir la 2047 ; reporter des montants nets au lieu des montants bruts sans justification ; ne pas joindre ou conserver les justificatifs d’imposition à l’étranger lorsque le crédit d’impôt est demandé. Respecter les obligations déclaratives et conserver les pièces facilite la gestion et la défense en cas de contrôle.
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